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MARJORIIE
Sans issue .
... tant de choses à dire , je vais y perdre mes mots .Ca a fait "crac" et puis "boom". Ca a retentit comme une explosion, comme celle que l'on avait avant dans les yeux et qu'on avait allumé de nos étincelles éclatantes, celles qui se sont éteintes à la lueur du vent. trop de souvenirs qui s'entassent, des trous de mémoire qui s'amassent. J'ai toujours détesté l'effet sonore qu'émettais les bouilloires posées sur un feu. C'est affreux et pourtant quand notre histoire a trébuché, j'aurai aimé entendre ce bruit, une sorte de détection qui nous aurait averti de notre fin imminente ou alors entendre un bruit de minuterie ou d'horloge brisée . Je t'aurai laissé choisir le son du glas qui annonçait notre destruction déjà entamée. Je t'aurai même demandé d'organiser la mise en scène de nos obsèques sous une pluie d'été, lumière tamisée et la pierre tombale qui aurait dit « ils se sont aimés » . Tu vois, les gens n'auraient retenu que le passé. Notre avenir a péri dans les flammes imaginaires que l'on a eu tant de mal a rallumé du bout de nos allumettes trempées. A bout de souffle, au bout de nous. Mais tout ça c'est fait dans le silence. C'est bien aussi,mais ça fait moins film de cinéma où quand la romance se termine, on sort les trompettes, les violons mielleux, le piano qui pleure comme si les notes crachées battaient la mesure sur les sanglots, le rimmel qui coule, les voix qui s'élèvent, les assiettes qui se brisent, les draps qui se salissent enfin toute la panoplie d'une rupture réussie. On a fait ça dans la simplicité, dans un silence des plus complet comme pour entendre au mieux notre pouls commun s'essouffler et mourir au creux de nos c½urs séparés. Notre rythme cardiaque ne s'emballera plus l'un pour l'autre, on le sais bien. Je crois qu'on a perdu beaucoup de nos pulsations en chemin. C'est horrible comme quand je pose ma main sur mon c½ur, je ne l'entend plus frémir comme autrefois. Comme quand on court trop vite, que l'on a des frayeurs ou comme quand tu passais tes lèvres sur mon cou. Ca ne cogne plus du tout. Je le sens battre, c'est déjà ça mais le refrain sonne mauvais comme une bande originale d'un film américain niaiss sans violons, sans pianos. Juste un bruit indigeste qui donne envie de dire au c½ur d'arrêter ou de changer de musique, par pitié. Pour le moment, je crois que ma vie ressemble à un vieux vinyle rayé.


